Comme je l'avais promis il y a de celà deux ou trois semaines voici un petit article donnant quelques informations sur ce qu'est un Haiku (ça se prononce "aïe-cou") et j'essaierai de prendre le temps de parler des limmericks la semaine prochaine (enfin Gégé avait très bien expliqué ça dans son commentaire de la dernière fois [et il nous avait donné un joli exemple écrit de sa plume :p])
Qu'est-ce qu'un Haiku [俳句 (はいく) ] ? Un poème japonais !
Mais encore ? L'une des trois formes poétiques courantes originaires du Japon avec le tanka et le renku desquels on peut dire qu'il provient.
En fait, la pérennité des Haiku est attribuée à Bashô (1644-1694).
Pour être plus précis, je devrais écrire que Bashô fut le premier à écrire des Haiku sous leur forme actuelle uniquement. En effet, la particularité première d'un Haiku est d'être un tercet décomposé de la façon suivante : 5 puis 7 puis 5 syllabes. Or, si Bashô semble avoir été le premier à écrire des poèmes uniquement composés de tels tercets, il faut cependant savoir que ce type de tercet (appelé alors Hokku) était bien avant Bashô un composant des tanka (poème en cinq vers 5-7-5-7-7 composé d'un hokku suivi de deux heptasyllabes) ou des renku (poèmes liés dont le premier verset est généralement un hokku).
On ne peut d'ailleurs pas dire clairement si le Haiku descend du tanka ou du renku.
Par contre, on sait que le terme Haiku a été créé par Shinki (1867-1902) à partir des termes Haikai (que l'on peut traduire par "tercet") et Hokku.
Que peut-on dire de plus sur le Haiku, plus court poème du monde ?
À priori, il est sensé suivre certaines règles précises même si elles sont de nos jours remises en cause. Ainsi, il est désormais fréquent (surtout dans les Haiku non écrits en japonais) qu'aucune des régles de base (même celle qui veut qu'un Haiku soit un tercet décomposé en 5-7-5) ne soit respectée.
L'une de ces règles est notamment la présence d'un kigo (mot de saison) qui est donc de plus en plus "oubliée". En effet, pour beaucoup, le simple fait d'écrire un poème très bref suffit à ce que l'on considère celà comme un Haiku, le Haiku étant alors tout simplement vu comme un "poème sans mots" faisant appel à l'imagination et aux souvenirs propres à chaque lecteur.
Citons maintenant quelques noms de haïkistes japonais marquants :
Matsuo Bashô (1644-1694)
Yosa Buson (1716-1783)
Kobayashi Issa (1763-1827)
Masaoka Shiki (1866-1902)
Taneda Santôka (1882-1939)
Et puis un petit exemple de Haiku écrit par Bashô quand même avant de conclure :
ふるいけや (Furuikeya)
かわずとびこむ (Kawazutobikomu)
みずぬおと (Mizunuoto)
Dans le vieil étang
Une grenouille saute
Un ploc dans l'eau
Une grenouille saute
Un ploc dans l'eau
Je l'ai écrit en hiragana et non en kanji pour deux raisons : la première c'est parce que ça permet de voir la décomposition en 5-7-5 (pratique les syllabaires) et la deuxième c'est que je connais ce poème en rômaji au départ et que je n'étais pas sûr de ne pas me tromper dans les kanji donc bon... là je suis sûr de ne pas m'être planté (facile les syllabaires :p)
Voilà ! Et puis pour ceux qui sont en manque de cours de japonais, bah profitez-en pour vous entrainer à transcrire xD.
Note : J'ai choisi de considérer Haiku comme un mot japonais, c'est pour ça que je l'ai écrit sans trêma (fidèlement à la transcription usuelle) et que je n'ai pas mis de "s" au pluriel.
par Zoldickun
publié dans :
Poésie (Sonnets, Haiku, Divers)


